Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 09:11

 Malgré le contexte social actuel, aucune cessation d'activité permanente de mon côté. Je me doute bien, chers fans invisibles (voir imaginaires) que vous attendez avec impatience le premier chapitre que vous ai promis et qu'il se fait gentiment languir.

 bref, je dois bien vous l'avouer, mes chers amis imaginaires, ce premier chapitre me donne du fil à retordre. A tel point que j'ai commencé l'écriture du second pour me rafraichir les idées. Et oui, tenter de parler de magie sans perdre son lecteur est une tâche difficile.

 Quant à ce second chapitre, me direz-vous, il devrait se révéler assez plaisir (Il me plait bien, à moi, en tout cas) et vous présenter un tout nouveau personnage qui va faire chavirer des coeurs de pucelles effarouchées, je n'en doute point !

 A bientôt pour de nouvelles nouvelles ^^
Par Knapp - Publié dans : Parchemins Kaorans - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 11:39

 Bonjour à tous, mes chers et si rares fans (:p) !!

 La progression du premier chapître est actuellement très ralentie, par manque principalement de l'inspiration nécessaire à le rendre suffisament vivant à mes yeux. Toutefois, je vais vous en livrer le premier paragraphe, pour bien prouver que je en reste pas doigts croisés ^^

 

"Inspirer. Expirer. Laisser son essence habiter chaque partie de son corps. Magnifier l'énergie endormie, en tirer la quintessence. Assurer chaque geste. Assis en tailleur, paupières à demi closes, le vieil homme était une statue de chair hâve que seul le soulèvement régulier de sa poitrine rendait vivante. A son contraire, les flammes des trois braseros qui l'entouraient ne cessaient de rendre mouvante l'ombre sur les pierres ancestrales encadrant la clairière. Elles combattaient courageusement la nuit tombée, qui avait étendu son voile noire par dessus l'éternelle grisaille morne du jour."

 

 La suite ? Très bientôt !

Par Knapp - Publié dans : Parchemins Kaorans - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 18:58


 Bonjour à tous.

N'étant pas parfaitement satisfait de la longueur des posts que je peux faire, j'expérimente une nouvelle manière de vous faire partager mes textes. Voici donc un fichier format pdf, qui je l'espère, vous permettra de mieux profiter du Prélude de l'Aube des Loups.

 L'Aube des Loups - Prélude

 Ou là (en pdf)

Ce prélude ne fait que douze page. Certains estimeront sans doute que c'est maigre, mais de mon côté, je privilégie des chapîtres peut-être plus court que la moyenne, pour rendre l'histoire plus fluide. Après, je ne peux vous dire quelle taille aura le premier chapître.

 Celui-ci est toujours en cours d'écriture, et ne devrait pas être prêt avant deux semaines (minimum). Il vous emportera à la rencontre de nouveaux personnages et dévoilera quelques pans de brumes, mais qui sait ce que nous y trouverons ?

 Knapp.

Par Knapp - Publié dans : Parchemins Kaorans - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 09:15

 Et non, toujours pas de nouveaux textes à vous présenter. Mes travaux sur ma dernière nouvelle sont ralentis, mais avec les vacances approchant, devraient prochainement prendre fin.

 De mon côté, je souhaitais vous faire part de certains points qui me tiennent à coeur.

 J'entend souvent, à tort ou à raison, des critiques litteraires en herbe qualifiant certaines oeuvres comme "manquant d'imagination" ou "honteusement pompée sur untel ou unautre".
En tant qu'auteur, je suis confronté à deux vérités que tous ceux qui se sont un jour penché sur une page blanche ont du ressentir.

 Tout d'abord, l'imagination a des limites. Ce que nous écrivons n'est jamais totalement "nouveau". Amour, haine, jalousie, guerre... Ce sont des lieux communs à toutes les histoires. On entend souvent dire que "C'est du Tolkien"... Bah, notre cher ami anglais n'a lui non plus rien inventé, ne transposant que l'histoire de notre cher humanité sous une couche de légende scandinave mâtinée de celtique.
Il y a eu des centaines de générations de conteurs, de poètes, d'écrivains avant nous. Il y a des milliers de légendes, et l'idée que nous croyons unique, a sans aucun doute déjà été évoquée par quelque autre auteur de l'ombre par le passé. Cela pose un sérieux problème. N'y aurait-il donc plus de nouvelles choses à inventer ? Je pense que si, mais dans une société extrèmement codifiée rationnelle, comme la nôtre, c'est de plus en plus difficile. Et les gens sont de plus en plus critiques vis-à-vis de ce qu'on leur propose, ou enfermés dans leur carcan idéaliste.

 Bref, ma propre solution est d'admettre que je n'inventerais véritablement rien, que je m'inspire seulement, tout en apportant ma touche personelle, unique, car il n'y a pas deux façons parfaitement semblables de voir le monde, ou les mondes que l'on imagine.
 
 Il est un autre fait que beaucoup de gens ont tendance à oublier lorsqu'ils vous reprochent de "pomper". Nous autres, humains, sommes avant tout des primates. Et notre évolution est la résultante à la fois d'imagination, mais aussi de mimétisme.

 Nous nous inspirons toujours de quelque chose, même seulement en partie.

 N'importe quel auteur vous dira qu'il apprécie le style ou les idées de tels autres, et cela s'en ressentira dans ses écrits.

 C'est mon cas, et j'admet avec enthousiasme admirer plus que de raison le regretté David Gemmel pour la psychologie de ses personnages ou son don pour l'action, Georges Martin pour la finesse et la profondeur de ses intrigues, ou encore Glen Cook pour les ténèbres dont il a su peindre son monde.

 N'importe lequel de mes lecteurs qui lirait aussi ces biens plus grands auteurs que moi pourrait déceler des touches empruntées, ou inspirées par ces maîtres. Une compagnie de mercenaire, thème récurrent de Glen Cook, ou même de Gemmel. La couleur noire, privilégiée, thème de la arde de la nuit de Martin. Les arbalètes, arme de prédilection du Waylander de Gemmel, ou encore la prépondérance de vétérans parmis mes premiers personnages, encore une fois Gemmel.

 Pompage ou Inspiration ?

 Je vous laisse y répondre de vous-même. Pour ma part, je préfère employer un autre terme, à l'image de ce que je souhaite réellement présenter : hommage.

 Car à mes yeux, c'est bien montrer à quel point cette voie que j'ai prise fut l'opération de leur talent sur mon univers, que de mâtiner mes écrits de ces touches rappelant ces grands hommes.


 Knapp.
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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 10:53

 En effet, après réflexion, et bien  qu'à mes yeux cela ressemble plus à hommage qu'à du "pompage", j'ai préféré abandonner le terme de "Garde Noire" pour nommer la compagnie du Vieux Loup.

 L'appelation sonnait un peu trop proche de "Compagnie Noire", propriété de Glen Cook.

 J'essaierais de revenir très prochainement sur les différents clins d'oeil et les inspirations que m'ont fourni certains auteurs anglo-saxons très connus, et sur le fait que je n'estime pas (et espère ne pas) faire du "pompage" ^^
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Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 18:59
 Bonsoir à tous !

 Il va vous falloir attendre quelques temps pour découvrir de nouveaux textes. En effet, à moins que je ne déterre quelque perle oubliée (Faut pas rêver), mon carnet de bal est plutôt rempli.

 Je travaille actuellement sur un nouvelle pour l'AT n° 4 des Chemins de l'Aube, sur le thème de l'Exil. Une fois celle-ci terminée, je m'attelerais à écrire le chapître 1 des Parchemins.

 Qui sait, entre temps, je trouverais bien le moyen de trouver un truc à publier ;-)

 A très bientôt, et n'oubliez pas, mangez des Knappy !!
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 18:45

["Le Chant du Corbeau" est mapremière nouvelle d'ambiance pour l'univers de Kaor. Datée de 2004, elle prend place bien après les évènements qui se déroulent dans les Parchemins Kaorans.

 Cette nouvelle conte une tranche de vie des Corbeaux Funestes, la compagnie la plus redoutées du royaume d'Erland, dans les ruines dévastées et inondées d'Auberfort.]

 

Les soldats aux bliauds frappés d'une l’hydre dorée avançaient prudemment. Ils venaient sans le savoir de dépasser l'endroit où leurs éclaireurs étaient tombés dans l'embuscade tendue à leur intention. Les corps avaient été soigneusement dissimulés, pas le temps de les tirer loin de la scène, cela se jouerait en un laps de temps bien trop court.
 Harker engagea un chargeur dans l'arbrier de son arbalète. Il referma le mécanisme d’armement un peu trop brutalement, laissant résonner un cliquettement de mauvais augure dans l'air crépusculaire. Robwel lui jeta un regard mécontent, avant de mettre d'épauler. Les soldats s'étaient arrêtés, alertés sans doute par le bruit soudain, inhabituel.
 Un croassement cru s'éleva des ruines, une forme noire s'évada dans un battement d'aile, menue mais sans doute repue. L'envol du corbeau acheva de décontenancer le groupe égaré. Tendus, il cherchait du regard un signe, un réconfort, souffles haletants. Leur officier leva le bras, dans un silence seulement rompu par les soubresauts de leurs coeurs affolés.
 Harker jeta un coup d'oeil depuis son poste d'observation. Il connaissait ce type, c'était un de ceux qui avaient orchestré la boucherie, quelques jours plus tôt. Les impériaux étaient tombés en surnombre sur un repaire où Harker et ses compagnons laissaient leurs blessés, afin qu'ils se reposent et se soignent. Ils avaient tous été pendus, puis décapités, afin que leurs têtes empalées sur des piques puissent être exposée aux limites de la zone contrôlée par les légates de l'Imperium.
Robwel maugréait visiblement la même pensée, car il pointait l'officier, le regard brûlant d'une rage contenue, les dents serrées. Harker engagea un carreau dans l'arc métallique. Le faible cliquetis n'aurait pu être perçu que par un animal aux aguets.

 Du coin de l'oeil, il vit les autres formes sombres, dissimulées dans les ruines, de chaque côté de ce qui avait du être une rue passante, épauler leurs armes. Il écarta la main de la détente. Une pression, et dans l'instant, les hydres regretteraient d'être sorti de leur domaine. Harker attira l'attention de Robwel par un geste silencieux. L'autre fronça les sourcils. Harker se contenta alors de croiser index et majeur, bien en vue de son compagnon. Le vieux Robwel répondit d'un acquiescement de tête, puis transmit l'ordre à celui qu'il avait en vue, à sa droite. Le temps que l'instruction fasse le tour, Harker avait ré-épaulé. La discipline de fer était la marque de sa compagnie, il n'avait pas à craindre qu'on lui vole le premier sang.
 Il n'avait pas à craindre non plus de manquer sa cible. Il comptait parmi les meilleurs tireurs de la compagnie. Sans hésiter, son doigt pressa sur la détente alors que l'officier adverse abaissait son bras.
 La pointe d'acier traversa le poitrail pour s'enfoncer profondément, malgré le plastron. Harker fit glisser son doigt entre détente et arbrier, pressant à l'inverse, vers le bas. Un nouveau carreau s’envola, depuis la seconde bouche de l’arbalète, trouvant cette fois la gorge de l'officier. 
Le chant des arbalètes doubles se fit vrombissement soudain, mêlé aux cris, aux chutes éclaboussées, aux fuites bruyantes des soldats à l’hydre d'or, aussitôt réduites à néant par un carreau sans pitié. Cela n'avait duré qu'une trentaine de secondes, Harker aurait pu les compter dans sa tête. Il restait quatre carreaux dans son carquois, quand il quitta son poste, rejetant en arrière son capuchon noir. L'étoffe sombre qui mangeait la partie basse de son visage dissimulait en grande partie ses traits, tout en le protégeant du froid mordant. Il glissa de poutres en pierres de taille, pour atterrir dans l'eau jusqu'aux genoux, son arbalète dans les mains, tout en engageant un nouveau carreau dans l’arc supérieur.

 Ses compagnons ne quittaient pas encore leur position, ils attendaient son ordre. Il savait que Robwel le veillait, son arbalète pointée sur la moindre menace qui pourrait se révéler.
 Un râle s'éleva. Un homme se trouvait écroulé dans l'eau stagnante et rougie, adossé contre une grosse poutre brisée. L’hydre mythique sur son bliaud était percée de deux carreaux profondément enfoncés. Un filet de sang s'échappait des lèvres de l'homme, dont le casque avait du rouler jusque sous la fange vaseuse. Une odeur nauséabonde de mort et d'intestins relâchés embaumait le moribond.
 -  Pi.. Pitié...
 Harker s'approcha. Les images du refuge revenaient dans son esprit, ainsi que les visages morbides de ses compagnons abattus sur leur lit de repos. Il abaissa l'étoffe noire qui couvrait le bas de son visage.

-  Pitié..? Tu en as eu pour ceux dont le sang macule ta lame ?

 Le regard affolé du soldat ne pu soutenir l'étincelle de colère qui habitait celui d'Harker. Il laissa glisser sa tête en arrière, maugréant sans cesse un "pitié" trempé dans le sang.
 Harker leva l'arbalète. Il avait beau se dire que c'était un moribond, qu'il mourrait de toute façon, les ordres avaient été clairs. Et ce type était un soudard. Qui sait combien d'hommes il avait tué, combien de femmes violées, avant que son estomac ne se relâche cruellement, percé par deux traits ?
 Une pression sur la détente, un bruit mat, et le râle se tu.
 Plus que trois, pensa Harker.
 Et le corbeau, perché sur une branche déchue, lâcha un croassement rieur sur les cadavres des soldats de la Dame Noire.
Par Knapp - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 15:43

  [Cette première nouvelle est une ancienneté (2006). Elle n'a bien évidement, comme vous le comprendrez en la lisant, rien à voir avec l'univers de Kaor, car elle prend place dans un monde d'anticipation, où la magie a refait surface.

 Je vous laisse découvrir ;-)]

 

Tidiiiit … Tidiiiit … Tidiiiiit…

 

 Il se redressa en sursaut, et plongea la main sous son pardessus, à la recherche de la crosse de son arme… et ne rencontra que le vide. Encore ce satané rêve… et ces images qui disparaissent aussi vite…

 

 Bonjour, monsieur, annonça une voix servile depuis des émetteurs sonores disposés dans le plafond et le plancher de la pièce. Je suis heureuse de vous savoir si vite éveillé. Il est 7h50. Il fait -3°C au dehors, et les prévisions météorologiques annoncent de nouvelles chutes de neige pour la fin de la mâtinée. Indice de sûreté 4/5. Indice de Pollution : Orange.

 

 Sur l’écran digital implanté dans le mur opposé à sa couche, un visage désincarné de femme au sourire accueillant se matérialisa. De la neige ? Manquait plus que ça…

 

 « Bonjour Anita, soupira-t-il d’une voix pâteuse. »

 

 Il avisa la bouteille de scotch laissée vide sur la table de chevet, reliquat de ses maigres tentatives pour faire cesser ces rêves continuels.

 

 Monsieur, mes capteurs sentent une certaine tension ce matin. Dois-je modifier la composition de votre petit déjeuner ?

 

« Non… non, non, Anita… Enfin, si… Mets-moi un cachet d’aspirine dans un verre d’eau… »

 

 Il voulu s’arracher aux draps défaits, et sa vision se troubla douloureusement. Il lui sembla qu’une armée de petits soldats s’amusait à prendre son crâne pour une banlieue de Jérusalem…

 

 «  Deux… Anita…

-         Oui, monsieur ?

-         Mets deux cachets… et… contente-toi du café et du jus d’orange, pas de tartines, merci.

-         Très bien, Monsieur. »

 

 Il s’assit au bord du lit, et se pris la tête entre les mains. Ce rêve allait le rendre cinglé… Il ne se souvenait que de détails… mais la sensation résiduelle provoquait sans cesse une accélération de son rythme cardiaque. Mauvaise augure, c’était le cas de le dire… Il attrapa un t-shirt tombé au pied du lit et l’enfila en grognant contre son métabolisme mis à mal par cette gueule de bois carabinée.

 

 Monsieur devrait peut-être laisser ses vêtements actuels au nettoyage. Je vais préparer un t-shirt propre, ainsi qu’une chemise, un pantalon, des chaussettes et des dessous propres pour Monsieur.

 

 « Ça ira, Anita… Contente-toi de réussir ton café aujourd’hui.

-         Je vais faire de mon mieux, Monsieur.

-         C’est ça, ouais… »

 

 Il se dirigea d’abord vers les WC pour soulager sa vessie, puis s’engouffra dans la salle de bain. Un panneau s’ouvrit, et une tablette s’avança pour lui présenter une dose de gel douche et une serviette éponge propre.

 

 J’ai pensé que Monsieur voudrait prendre une douche.

 

Sans chercher à protester, il ôta sa maigre tenue de sommeil et pénétra dans la cabine de douche, et subit en grognant ce rituel pourtant habituellement agréable. Son crâne semblait sur le point d’éclater, et la pluie continuelle qu’il recevait ne faisait rien pour arranger la douleur, tout comme les jets stimulants qui réveillaient ses courbatures. L’odeur lavande de l’eau parfumée et du gel douche manqua préparer un atterrissage sans douceur des restes d’alcools confinés dans son estomac. Il se savonna sans réelle envie, puis appuya sur le bouton permettant de couper l’eau.

 

 «  Anita ? Séchage s’il te plait.

-         Tout de suite, Monsieur, répondit une fois de plus l’intelligence artificielle. »

 

 Des jets d’air chaud chassèrent les gouttelettes qui glissaient sur son corps, et avec l’aide d’une serviette brûlante, il eût vite fait d’être sec. Il s’en débarrassa ensuite dans le sas sensé évacuer les vêtements sales ou usagés. Au sol traînait le caleçon reprisé que sa sœur lui avait offert au réveillon de Noël trois ans plus tôt. C’était sentimental, ils ne s’étaient pas revus depuis… Pour de bonnes raisons sans doute… Il se baissa pour le ramasser.

 

 Ce vêtement est sale, Monsieur. Veuillez le mettre dans le sas avec les autres. Une lessive est prévue dans exactement 17 minutes et 34 secondes.

 

 « Occupe-toi de tes fesses, Anita, je m’occupe des miennes, répondit-il en enfilant le caleçon. T-shirt, jean, paire de chaussette, chemise, s’il te plait.

-         Tout de suite, Monsieur. »

 

 Un second sas, proche du premier sembla vibrer comme le plateau qui se trouvait derrière faisait l’aller-retour entre la penderie et la salle de bain… Il en profita pour afficher le miroir digital en passant sa main devant.

 Le reflet que lui renvoya l’objet acheva d’effacer toute trace de sourire sur ses lèvres. Il passa une main dans ses cheveux en essayant de les discipliner, et ne parvint qu’à se rendre compte que son début de calvitie progressait, deux déserts jumeaux se formant de chaque côté de l’avant de son crâne, ne laissant qu’une implantation de plus en plus fragile dans l’axe frontal. Il s’était coupé les cheveux très courts, pour éviter que ce soit encore plus ridicule. Le nez n’avait rien d’aquilin, et conservait la trace d’un duel perdu contre un ballon de basket, trois ans auparavant, tandis qu’un regard bleu délavé s’offrait un maquillage naturel aux marques de mauvais sommeil.

 Il attrape machinalement le rasoir laser et l’alluma… Une ombre noire parcourait ses joues creusées par une mauvaise alimentation et un nombre conséquent de repas sautés. Il reposa le rasoir, il n’avait besoin de plaire à personne après tout, et son rendez-vous du jour était loin d’être assez séduisant pour ses goûts. Il pouvait se permettre ce genre de négligence, du moins pour aujourd’hui.

 

 Vos vêtements, Monsieur, annonça doucement Anita alors que le panneau se relevait, et qu’une tablette avançait un tas proprement plié de tissus synthétiques aseptisés. Il s’habilla, le regard dans le vide, et remercia Anita distraitement. Puis, baillant à s’en décrocher la mâchoire et traînant des pieds, il se dirigea vers le séjour.

 Il manqua se faire percuter par le drone de service, extension fort coûteuse de l’IA domotique, lequel lui avait servi son petit déjeuner sur la table basse. Il s’effondra dans le canapé. Le café était chaud, mais avait un goût plus que douteux… il se força donc autant qu’il pu, avant d’avaler les deux cachés d’aspirine avec le jus d’orange.

 

 Je rappelle à Monsieur qu’il a indiqué avoir un rendez-vous à 9h30, Quai 11.

 

 « J’ai pas oublié, Anita, mais merci… Anita ? Télévision, Chaîne LCI.

-         Bien sûr, Monsieur. »

 

 Il acheva lentement son jus d’orange fraîchement pressées en s’abreuvant des infos matinales. Après avoir froidement regardé défiler les experts en pollution et radioactivité expliquer les conséquences de l’explosion d’une centrale russe proche de la frontière mongole, subit les dernières images et les rumeurs inhérentes au conflit du Moyen-Orient, duquel les journalistes étaient toujours tenus fermement à l’écart, suite aux dérives de la Guerre de Corée, il finit sur les rapports faisant état de nouveaux puits de pétrole en feu, résultats de la guerre civile qui baigne les états de la Confédération Chrétienne des Amériques. Une bien belle embrouille que tout ça…

 Il se demanda à voix basse ce que leur « Nouveau Christ » pensait de tout ça. On le disait caché dans un bunker ultra perfectionné dans les Rocheuses, ou en Alaska, mais personne n’avait eu le courage, ou même la possibilité, de vérifier cette théorie. Toujours est-il que le gamin, âgé de 13 ans, et son ange gardien, le télévangéliste affilié au mouvement religieux Spiritus Sancti, Matt Delawey, animaient hebdomadairement leur émission. C’était toujours le même principe : On montrait le gamin réussir un petit « miracle », ce qui, avec la technologie contemporaine et les moyens de la « Nouvelle Eglise », ne gageait pas de n’être qu’une habile manipulation, et l’on déversait sermons et nouvelles lois aux « Chrétiens libres de ce monde ».

 

 « Les Crétins libres, ouais… marmonna-t-il à voix basse. »

 

 Ils avaient foutu à feu et à sang toutes les Amériques et tant d’autres parties du monde ; les extrémistes, mormons ou hispanos élevés à l’eau bénite, s’élevant contre la mauvaise société américaine et les injustices d’Amérique du sud. Des milices armées firent la chasse aux noirs, aux incroyants, aux musulmans, aux homos, aux crottes de chien dans les rues… Bref, à tout ce qui n’était pas « chrétiennement » correct dans leur petit cortex trop bourrés de sermons et d’hosties… Et lorsque la politique s’effondra, que l’armée se retrancha dans ses bases parce qu’aucun président ne faisait appel à elle, que les généraux eux-mêmes se tiraient la bourre autant que les groupes religieux s’affrontaient à coups d’idéaux, cela donna : Les ECCA, les états de la Confédération Chrétienne des Amériques, avec Delawey à sa tête.

 Une belle merde, ouais… Une économie complètement effondrée, et juste assez de ressources pour vivre de prière et de dévouement. Un peuple qui crève la dalle, mais regarde vers le ciel en attendant d’aller becqueter au grand banquet organisé par Dieu le père lui-même. La Californie ravagée par le Big One, et les autres qui voient cela comme le châtiment divin pour les infidèles et les déviants. La grande inquisition de New York, et les massacres qui s’ensuivirent, la guerre civile et les réfugiés qui tentent de se reconstruire dans les ruines de la ville bombardée par l’armée « reconstituée » des ECCA. Salt Lake City, nouveau cœur du monde chrétien, après des attentats aux origines inconnues, survenus à Rome, qui détruisirent le Vatican, et une bonne partie de la cité qui fonda l’Europe... Une belle merde…

 Il effaça ses doutes et son dépit du monde actuel en commandant à Anita de changer de canal. Sur la chaîne météo locale, une présentatrice aux lèvres charnue, le visage bercé de mèches de cheveux couleur bleu métallique, annonçait que le plan régional anti-intempérie venait d’être lancé, suite à l’annonce d’importante chutes de neige dans tout le nord de la France et de la Fédération Européenne et aux récents tempêtes ayant touchés les Mers Baltiques, du Nord, la Manche et l’Océan Atlantique.

 

 « Putain… Même ça, ça part en couille. On est qu’en Septembre, bordel… 

-         Le 17 exactement, Monsieur, et votre rendez-vous est dans une demi-heure maintenant, Monsieur.

-         Ok, ok, Anita… Eteins la télévision, et ouvre le compartiment de stockage B, code vocal Claire. »

 

 Un cliquetis retentis dans l’appartement, et un panneau mural s’ouvrit, révélant un petit espace de rangement.

 

 Code vocal accepté, Monsieur.

 

 Il se dit mentalement qu’il faudrait un jour qu’il change le code. Peut-être aimait-il se faire du mal, à prononcer le nom de son ex-femme tous les matins avant de partir bosser.

 A l’intérieur du compartiment se trouvait une petite mallette en titane, retenue fermée par un code à reconnaissance digitale. Il appuya son index sur le bouton, et attendit le clac annonciateur de l’ouverture. Soulevant le couvercle, il fit l’inventaire de son petit « trésor » : Un permis de port d’arme officiel de la Fédération Européenne, son fidèle InterceptorFK, une arme de gros calibre de dernière génération, capable de percer des trous de 5 centimètre de diamètre dans une porte en acier polymérisé, tout en étant d’une légèreté fort appréciable, des munitions spéciales, assez utile dans son « job », quelques autres « jouets », et enfin, sa carte de l’agence.

 Il vérifia rapidement si le flingue était opérationnel, comme tous les matins, et le chargea. Au cas où, il glissa dans la poche intérieure de son pardessus noir quelques-unes des munitions spéciales fabriquées par l’agence, et plaça l’arme dans un holster de pantalon accroché à l’arrière de son jean, cran de sûreté enclenché.

 

 « Vu comment la journée commence, je crois que j’aurais besoin de ces conneries… »

 

 Et ajoutant le geste à la parole, il s’équipa des divers gadgets de l’agence : analyseur d’empreinte chyméride, ordinateur de poche, réiniateur de mémoire proche – sacré gadget que celui-là, inspiré d’un film du siècle dernier, mais toujours utile en cas de pépin avec des Dormeurs -, et d’autres petits joujoux dont il ne se servait au bas mot jamais.

 Enfin, il glissa le port d’arme dans son manteau, et s’apprêta à y glisser la carte de l’agence. Il la tourna et la retourna, en secouant légèrement la tête. Les lettres O et P s’associaient à côté de son nom, de sa photo, de son grade et d’une puce biométrique. Lieutenant Samuel Keller, Interpol. Les lettres avaient leur propre signification, que des profanes n’auraient pris que pour un quelconque sigle de la police européenne.

 Anita actionna la sécurité dès qu’il fut sorti de l’appartement, et lui souhaita une bonne journée par le communicateur vocal situé près de la porte. Un message tournait en boucle sur l’écran situé au dessus du bouton d’appel de l’ascenseur : « En maintenance ».

 

 « Encore.. ? Fais chier… »

 

 Il se força donc à descendre les quatre étages le séparant du parking. En bas, un froid griffant l’accueillit. Sa vieille Renault Orion dormait paisiblement, et il s’engouffra dans le véhicule, l’un des premiers modèles à lévitation gravitationnelle de la marque européenne. Le doux ronronnement du moteur précéda l’élévation poussive du véhicule, qui avait derrière lui déjà neuf ans de bons et loyaux services.

 La porte du garage s’ouvrit pour libérer un monde de grisaille. Keller actionna le chauffage de l’Orion, même si celui-ci se révélait aléatoire depuis deux ans. De la buée commençait déjà à monter sur les vitres. Il amena le véhicule jusqu’à la sortie, et fut surpris de voir que déjà, une mince couche blanche couvrait le sol. Par chance, l’Orion était équipé d’un système d’amortissement du terrain et d’un GPS perfectionné, il n’aurait donc que peu de crainte à avoir quand à la neige en elle-même, du moins, tant qu’il ne sortirait pas du véhicule.

 Les rues du Havre étaient d’un gris affligeant, plus encore qu’à leur habitude. L’architecture massive et spacieuse du plus grand port de transit d’Europe avait de quoi donner le vertige, ou la nausée, suivant les gens… mais l’économie avait fait de cette ville un organe vital de l’Europe. Petite en terme d’habitations, elle s’était essentiellement développée autour de son port, et les projets de développement successif en avait fait une véritable plaque tournante, de commerce légal comme illégal. Cela avait attiré une population plutôt… hétéroclite, et c’est une frange de cette population que Keller était sensé surveiller.
 

 Il appuya sur l’accélérateur et prit la direction du port.



 

 
 

 

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  • : écriture roman nouvelles fantastique fantasy Littérature
  • : Les Parchemins Kaorans se présentent sous la forme de chapîtres s'imbriquant. Le tout a pour but de créer un vaste ensemble, une trame suivie dans un univers sombre et incertain. L'histoire suit la destinée d'un groupe de mercenaires vétérans, d'une fuite qui les mènera vers la gloire, la rédemption, ou la déchéance. Vous pourrez aussi trouver d'autres nouvelles et articles écrits par l'auteur, et bien entendu, les critiquer à votre guise : )
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