Et non, toujours pas de nouveaux textes à vous présenter. Mes travaux sur ma dernière nouvelle sont ralentis, mais avec les vacances approchant, devraient prochainement prendre fin.
De mon côté, je souhaitais vous faire part de certains points qui me tiennent à coeur.
J'entend souvent, à tort ou à raison, des critiques litteraires en herbe qualifiant certaines oeuvres comme "manquant d'imagination" ou "honteusement pompée sur untel ou
unautre".
En tant qu'auteur, je suis confronté à deux vérités que tous ceux qui se sont un jour penché sur une page blanche ont du ressentir.
Tout d'abord, l'imagination a des limites. Ce que nous écrivons n'est jamais totalement "nouveau". Amour, haine, jalousie, guerre... Ce sont des lieux communs à toutes les histoires. On
entend souvent dire que "C'est du Tolkien"... Bah, notre cher ami anglais n'a lui non plus rien inventé, ne transposant que l'histoire de notre cher humanité sous une couche de légende scandinave
mâtinée de celtique.
Il y a eu des centaines de générations de conteurs, de poètes, d'écrivains avant nous. Il y a des milliers de légendes, et l'idée que nous croyons unique, a sans aucun doute déjà été évoquée par
quelque autre auteur de l'ombre par le passé. Cela pose un sérieux problème. N'y aurait-il donc plus de nouvelles choses à inventer ? Je pense que si, mais dans une société extrèmement codifiée
rationnelle, comme la nôtre, c'est de plus en plus difficile. Et les gens sont de plus en plus critiques vis-à-vis de ce qu'on leur propose, ou enfermés dans leur carcan idéaliste.
Bref, ma propre solution est d'admettre que je n'inventerais véritablement rien, que je m'inspire seulement, tout en apportant ma touche personelle, unique, car il n'y a pas deux façons
parfaitement semblables de voir le monde, ou les mondes que l'on imagine.
Il est un autre fait que beaucoup de gens ont tendance à oublier lorsqu'ils vous reprochent de "pomper". Nous autres, humains, sommes avant tout des primates. Et notre évolution est la
résultante à la fois d'imagination, mais aussi de mimétisme.
Nous nous inspirons toujours de quelque chose, même seulement en partie.
N'importe quel auteur vous dira qu'il apprécie le style ou les idées de tels autres, et cela s'en ressentira dans ses écrits.
C'est mon cas, et j'admet avec enthousiasme admirer plus que de raison le regretté David Gemmel pour la psychologie de ses personnages ou son don pour l'action, Georges Martin pour la
finesse et la profondeur de ses intrigues, ou encore Glen Cook pour les ténèbres dont il a su peindre son monde.
N'importe lequel de mes lecteurs qui lirait aussi ces biens plus grands auteurs que moi pourrait déceler des touches empruntées, ou inspirées par ces maîtres. Une compagnie de mercenaire,
thème récurrent de Glen Cook, ou même de Gemmel. La couleur noire, privilégiée, thème de la arde de la nuit de Martin. Les arbalètes, arme de prédilection du Waylander de Gemmel, ou encore la
prépondérance de vétérans parmis mes premiers personnages, encore une fois Gemmel.
Pompage ou Inspiration ?
Je vous laisse y répondre de vous-même. Pour ma part, je préfère employer un autre terme, à l'image de ce que je souhaite réellement présenter : hommage.
Car à mes yeux, c'est bien montrer à quel point cette voie que j'ai prise fut l'opération de leur talent sur mon univers, que de mâtiner mes écrits de ces touches rappelant ces grands
hommes.
Knapp.